Il n’y aura jamais d’égalité tant qu’on se sent inférieur ou supérieur à autrui. Entre égaux il ne saurait y avoir de condescendance.(Gandhi)
On ne refera pas la France par les élites, on la refera par la base. (Georges Bernanos).
Le Gouvernement vient de proposer l’application de quotas, sur la représentation d’élèves boursiers, dans les grandes écoles. On nous présente cela comme une évolution très audacieuse. Pensez donc, 1/3 des effectifs serait désormais constitué de pauvres et de prolos.
Et le monde de s’extasier ! Mélanger l’élite prolétarienne avec l’élite bourgeoise ! Certains doutent que cela soit possible et prédisent des conséquences funestes. Georges ELGOZY disait que l’égalitarisme est un rêve de pauvre, et un cauchemar de riche*. D’autres remercient déjà, de tant de sollicitude et d’attentions.
Philippe MURRAY, de là-haut, doit se régaler de voir les médias, en porte-étendard, vocaliser pour la postérité, sur la nouvelle révolution en marche. Il doit se bidonner au spectacle des politiques qui vocifèrent en meutes, dans un galimatias d’arguments et d’arguties. Il doit se « taper le cul par terre » en voyant les banlieues et les quartiers retenir leur souffle, n’osant espérer une part du gâteau, eux, qui ne sont habitués qu’aux miettes. C’est un régal de voir, à longueur de déclarations, de discours et d’interviews, s’enchaîner les préjugés et les « a priori » de classe. Des gens, souvent sympas et même intelligents parfois, qui sont dans l’inconscience totale de leurs préjugés sur les écrans plats et les ondes radios. La première réaction intéressante à ce niveau, a été celle de Christian MARGARIA, Président de la conférence des grandes écoles qui, sans surprise, a prophétisé une inévitable baisse de niveau. Si l’on écoute bien les arguments avancés, l’on s’aperçoit qu’il ne s’agit que d’une attitude de supériorité méprisante de quelqu’un, qui, tout en accordant une faveur, fait sentir qu’il pourrait la refuser. L’on se croirait revenu au 2 mai 1789, le jour de l’ouverture des états généraux, où l’on s’interrogeait sur un vote par ordre, qui donnait la majorité aux ordres dominants ou par tête, qui ramenait le tiers-état à égalité.
C’est bien de condescendance dont il s’agit, inconsciente et peut-être, involontaire, mais reposant néanmoins sur des préjugés insupportables. N’a-t-on pas entendu, vendredi soir sur une chaîne du câble, un éminent professeur, digne représentant d’une longue et ancienne dynastie politique, affirmer que les boursiers étaient issus de familles défavorisés ? Non Docteur, les parents de boursiers ne sont pas tous des pauvres et des indigents. Il y en a même qui travaillent, qui payent leurs impôts et leur loyer et qui, avec dignité et courage, se battent pour donner à leurs enfants, un avenir digne de ce nom. Ce ne sont pas des familles défavorisées, ce sont des familles modestes.
Et que penser d’un quota de 30 % ? Cela veut dire que, dans les écoles, il y aura 2 bourgeois pour un prolo. Je souhaite à ce dernier, beaucoup de courage et de caractère, car il en faut pour faire face au mépris. Alors soyons sérieux, si quota il doit y avoir, et j’y suis plutôt favorable, en souvenir de mes parents, ce quota doit renouer avec l’équité républicaine et ne peut être inférieur à 50 %. Egalité et équité sont des mots indissociablement liés dans l’inconscient républicain. Et cet idéal me dit que les quotas que l’on veut appliquer sont d’un autre temps. De l’époque où les anciens maîtres avaient la majorité des voix, sans avoir celle du nombre. Moitié/moitié, c’est la seule réalité qui permettrait de renouer avec une véritable mixité sociale. C’est le seul argument qui serait capable de mettre fin à la défiance réciproque. C’est aussi, un excellent moyen de redistribuer les cartes.
Le Discriminologue.
*Extrait de L’Esprit des mots ou l’anti-dictionnaire.
Le discriminologue

