
La citoyenneté commence sous l’Antiquité
La notion de citoyenneté prend sa source dans l’Antiquité grecque. C’est en Grèce que nait la démocratie, dont le principe fondamental est que tous les citoyens sont égaux devant la loi, et interviennent de manière égale à la prise de décisions politiques. Ainsi, le citoyen est la personne à qui l’on confère le droit de participer à la gestion des affaires publiques de son pays. La citoyenneté antique diffère tout de même de notre notion de citoyenneté actuelle, car seule une infime partie de la population accédait alors, au statut de citoyen, les femmes, les enfants, les esclaves et les étrangers en étaient exclus. À l’époque, environ 40.000 personnes sur les 250.000 qui peuplaient la région d’Athènes, étaient des citoyens. Pour être citoyen dans la cité grecque, il fallait avoir plus de 20 ans, être de sexe masculin, être libre et être né de parents athéniens. La citoyenneté est aussi, un des principes de fonctionnement de l’Empire romain qu’il étendra plus largement, au fur et à mesure de son extension. Le dernier stade de cette évolution est l’Edit de Caracalla (212 après JC), qui attribut à tous les habitants de l’Empire, la qualité de citoyen.
L’obscurantisme de l’Ancien Régime
La citoyenneté, après la chute de l’Empire romain connaît une longue période de vide et disparait des sociétés occidentales, pour laisser place aux monarchies et au système féodal. Les monarchies instaurent des sociétés de privilèges où l’élite, seule, a le droit de citer.L’Aristocratie [1] conforte ses positions au fil du temps, effaçant des mémoires et pour de nombreux siècles, la notion de démocratie. [2] L’absolutisme s’installe, peu à peu, et ne prend pas en compte l’avis des sujets dans la prise de décisions civiles et politiques. Les citoyens deviennent des sujets du monarque.
De la Révolution de 1789 à nos jours
En Angleterre, la Révolution du XVIIe siècle réintroduit tout de même, la citoyenneté en Europe, suivie par la pensée des Lumières au cours du XVIIIe siècle, participant à la restauration de la notion de citoyenneté, dans les esprits de chacun. La Révolution française de 1789 apporte une nouveauté, en reliant la nationalité à la citoyenneté. La nationalité française devient la condition « sine qua non » à la qualité de citoyen. Les révolutionnaires accordent la qualité de « citoyen » à tous les hommes majeurs, excluant du même coup les femmes. Le suffrage universel voit le jour, à partir de la révolution de 1848 et ne sera jamais remis en cause, mais les femmes n’obtiennent le droit de vote qu’à partir de 1944 et les militaires en 1972.
Aujourd’hui, en France, sont citoyens toutes les personnes de nationalité française, jouissant de leur droits civils et politiques. Mais si on regarde de près, la manière dont fonctionne cette citoyenneté, on constate, de fait, que toute personne résidant en France en est bénéficiaire. En effet, dès qu’on fixe sa résidence principale en France, on obtient les mêmes droits et les mêmes devoirs que tout autre citoyen, à l’exception, toutefois du droit de vote. Sont exclues de ce droit, les mineurs de moins de 18 ans, les personnes majeures sous tutelles, les personnes qui ont été déchues de leurs droits par les tribunaux, ainsi que les étrangers non communautaires.
Aujourd’hui, les ressortissants de la communauté européenne, vivants en France, ont accès au droit de vote, pour les élections municipales et européennes. Il est envisagé d’élargir l’accès au droit de votes des étrangers non ressortissants de l’Union européenne, pour les élections locales. Ces propositions sont encore en discussion en France, mais sont déjà en vigueur dans différents pays européens.
Le Discriminologue
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