Le débat sur le port du voile intégral n’est pas clos.
Pour le moment, il faut bien constater que nous n’avons pas beaucoup avancé, (voir article précédant). Il y a ceux qui sont pour la loi et ceux qui sont contre. Ceux qui sont « pour », accusant ceux qui sont « contre », de naïveté, ceux qui sont « contre » accusant ceux qui sont « pour », de fascisme…
Les spécialistes du droit s’accordent pour dire qu’une loi prônant l’interdiction de la Burqa au nom de la laïcité serait vouée à l’échec. A les entendre, une telle loi serait inconstitutionnelle.
Pour essayer de nous y retrouver dans le flot de déclarations de ces dernières semaines, nous avons demandé à quelques personnalités de répondre à une question simple : « faut-il une loi pour interdire la burqa ? ». Comme vous allez le constater, leurs positions sont très proches.
Le point de rapprochement de ces interventions est qu’une loi d’interdiction du voile intégral, si loi il y a, ne doit pas prendre pour prétexte la laïcité, pour deux raisons. La première est celle que nous venons d’évoquer, la loi serait déclarée inconstitutionnelle et cela sonnerait comme une nouvelle victoire des extrémistes religieux. La seconde raison est plus subtile, car en opposant la laïcité et l’islam, l’on joue le jeu des mêmes fanatiques religieux qui ne demande qu’une chose, c’est qu’on leurs donne la parole le plus souvent possible afin qu’ils puissent dénoncer l’islamophobie dont ils seraient les victimes.
Comme l’expliquent nos invités, la loi ne devrait prendre en compte que l’aspect lié à la sécurité et le principe d’égalité entre les hommes et les femmes. Nous suivrons la suite avec attention.
Intervenants :
Gaye Petek : ancien membre de la commission Stasi,
Jean-Paul Scot : historien, chercheur sur les questions de Laïcité
Bernard Teper : secrétaire national de l’UFAL (Union des Familles LAïques), mouvement d’éducation populaire.
Réalisation : Sébastien Ruche
Le discriminologue
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