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Exigeons un « federendum »

mercredi 23 septembre 2009

Si tu pisses contre le vent, le vent te pissera dessus. (Proverbe chinois)

Les polémiques récentes sur : « y a-t’il assez de blancs à la brocante d’Evry ? » et « est-ce que l’on autorise la disparition des femmes sous un morceau de tissu ? » viennent, encore une fois de relancer le débat sur le vivre ensemble.

Ce débat, commencé il y a déjà quelques décennies, n’a abouti, jusqu’alors, qu’à un vague consensus sur la notion de diversité sans préciser quelle sorte de diversité et quelles en seraient les limites. Le monde politique, c’est-à-dire tous les élus, semble incapable de la moindre précision sur ces sujets de société. Sur la diversité, ils sont intarissables mais aucun ne se risquerait à la définir. Il faut reconnaître à leur décharge que c’est un vrai casse gueule….électoral. Ils en sont tétanisés au point de parler un double langage qui leur permet de ne jamais prendre position. L’exercice est brillant mais un peu lassant car il provoque un débat permanent qui n’apporte jamais la moindre piste d’action ou le début d’une solution. Cioran disait : « L’interminable est la spécialité des indécis ».

Parallèlement, Certains groupes, déjà bien organisés font des propositions concrètes et préconisent par exemple, le comptage de la diversité. En oubliant un peu vite que partout où il a été pratiqué, le comptage a garantit la paix sociale mais en pulvérisant la notion de destin commun. La communauté de destin c’est pourtant la clé de voûte de la démocratie car elle garantie l’adhésion volontaire du citoyen. C’est la conscience d’appartenir à une communauté de destin qui crée le besoin de lien social. Le chacun pour soi et Dieu pour tous ne sont pas dans nos habitudes.

Nos élus savent tout cela mais ils sont piégés par notre système électoral qui les incitent, voire les obligent à recourir à la démagogie car prendre une décision c’est toujours mécontenter une partie de la population et/ou de son électorat. Donc ils ne peuvent pas trancher car trancher c’est exclure et il est exclu d’exclure ! Le plus fort c’est qu’ils ne peuvent pas exclure mais ils ne peuvent pas intégrer non plus ! Intégrer c’est nier la culture de l’autre ! C’est lui faire violence ! Comment le peuple des droits de l’homme pourrait-il faire une chose pareille ? Alors nos hommes/femmes politiques débattent mais il est clair que la solution ne viendra pas d’eux !

Conclusion ! Nous n’avons plus le choix. Nous ne devons compter que sur nous, les citoyens, et le temps est venu de demander le plein exercice de notre souveraineté. Exigeons un référendum qui demanderait aux citoyens de définir notre future société. Décidons entre citoyens responsables, quelles seront les règles de fonctionnement que nous voulons adopter et partager.

Mais attention, je ne parle pas d’un vulgaire référendum comme on a pris l’habitude de nous en servir et qui ne sont qu’une demande de validation de solutions déjà prises par des élus qui ne représentent au mieux qu’un quart de la population. Non, je parle d’une véritable consultation comme on la pratique aux Etats-Unis qui semblent être devenu la référence en matière de démocratie. Un référendum dans lequel on poserait plein de questions qui nous concernent. Des questions comme : voulez-vous que l’on puisse porter la burqa dans l’espace public ? Êtes-vous d’accords pour que deux personnes du même sexe puissent se marier ? Acceptez-vous l’idée que l’on puisse nous compter en fonction de nos particularismes ? De nos origines ? De nos préférences sexuelles ? Devons-nous abandonner l’idée d’une communauté de destin ? La discrimination positive est-elle acceptable ? Devons-nous abandonner la laïcité ? Faut-il légaliser l’euthanasie ? Est-ce qu’en ces temps d’épidémie, cracher parterre est acceptable ? Les turcs doivent-ils entrer dans notre projet collectif ?

C’est aux citoyens européens d’apporter les réponses à ces questions qui les concernent au quotidien. Le débat ne peut plus être national car nous ne pourrons nous sentir européens que lorsque nous aurons décidé tous ensemble ce que nous voulons être. Et ce référendum qui serait la première consultation de tous les citoyens européens pourrait s’appeler « Fédérendum ». C’est un moyen d’inventer enfin cette culture européenne que nous appelons tous de nos vœux.

C’est ça la communauté de destin, c’est décider tous ensemble et accepter la voix de la majorité.

La culture européenne n’existe pas, c’est à nous de l’inventer !

Le Discriminologue

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