Les mots tels que « Discriminations » et « Racisme » s’emploient aujourd’hui à toutes les sauces. Feuilletant les pages d’un magazine qui porte le nom de l’égérie de la république, je fis une fois de plus le constat suivant : au premier rang des champions du mélange figurent peut-être les journalistes. Page de gauche, l’un d’entre eux commençait son article par un assortiment épicé au goût quelque peu douteux.
« La discrimination culturelle et sociale étant une forme de racisme parmi d’autres […] »
Aïe. Ça commençait décidément très mal. Nous trouvions ainsi assortis les termes de « racisme » et « discrimination », dans une tournure de phrase que rien ne semblait justifier. Or, racisme et discrimination sont bel et bien deux choses différentes, qui, si elles peuvent être liées, sont à ne pas mélanger dans le même saladier. L’utilisation du raccourci « Discrimination=racisme » est pourtant fortement répandue… Les journalistes, censés informer le public, ne devraient pas céder à ce genre de dérapage. Pourquoi leur arrive-t-il d’en abuser ? Peut-être, justement, parce qu’eux même ne se sont pas assez informés sur cette différence, soit par ignorance du sujet, soit par fainéantise intellectuelle.
Il est de notre devoir de rappeler que non, la discrimination culturelle et sociale n’est en rien une forme de racisme. Ami journaliste, nous t’invitons donc à ouvrir ton dictionnaire. Tu y liras que le racisme est en premier lieu une Idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races ». Le Larousse dit dans un deuxième temps, que le racisme est une attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes. Et c’est là que le bas blesse. Car la discrimination n’est pas liée de façon décisive à une croyance de hiérarchisation des êtres humains, ni à une attitude d’hostilité systématique. En effet, la discrimination peut être consciente ou inconsciente, volontaire ou involontaire. Et on ne peut pas forcément parler d’hostilité là où il s’agit d’un comportement visant à faire une différence entre deux personnes sur la base d’un préjugé.
Cette distinction de termes est pourtant essentielle. Ne pas discerner la différence entre racisme et discrimination et pire, assimiler les deux, c’est véhiculer de fausses définitions. Lorsque l’on est journaliste, c’est véhiculer de l’information erronée. Sachant que cette information circule, c’est participer à la propagation d’une certaine forme d’ignorance. En ce qui concerne l’assimilation de la discrimination et du racisme, la sauce ne prend pas. Ce genre de raccourci doit être dépassé et éliminé. Et s’il doit l’être, c’est également parce qu’on ne peut pas réduire la discrimination au seul critère de la race. 16 critères de discrimination ont été définis par la loi du 16 novembre 2001. Il est donc temps de prendre cela en compte et de supprimer les sauces obsolètes. Répétons encore une fois pour bien retenir : Il existe 16 critères de discrimination. Parfait, ça commence à venir…
Encore une fois ami journaliste, non la discrimination culturelle et sociale n’est pas une forme de racisme. C’est juste une forme de… Discrimination.
Pour que ça rentre, nous reviendrons sans doute sur ces définitions dans nos publications. En attendant, confrères de la presse et des médias, nous vous invitons à visionner les modules de formation de notre partie e-learning. Vos lacunes peuvent être comblées !
Sans rancune,
L’équipe du Discriminologue.
Le discriminologue

