Dans la série, « On a tous des préjugés », nous venons de vivre deux nouveaux épisodes qui valaient leur pesant de cacahuètes.
L’histoire de la blague nulle
Dans le premier épisode, nous pouvions voir un ministre de la République faire une blague douteuse sur les arabes. Il faut dire que se faire prendre en flagrant délit de préjugé devant une caméra… On a mal pour lui ! Un ministre de la République devrait savoir pourtant que jouer le préjugé au deuxième degré, ça ne fait plus rire personne. Ça passait pour un bon mot sous la troisième république, mais aujourd’hui c’est une blague nulle. Ah, nostalgie quand tu nous tiens… C’est quand même un peu la honte. A sa décharge, nous savons que les préjugés sont conscients ou inconscients, volontaires ou involontaires, et celle là nous aurions tous pu la faire.
L’histoire des convictions
C’était dimanche en 8, le soleil brillait, et c’était un temps idéal pour jouer au football. Deux équipes devaient s’affronter, des mâles des vrais, les cinq couilles et plus, et des gays qui en ont marre qu’on les prenne pour des eunuques. Mais voilà que 48 heures avant la rencontre, monsieur Zahir B. dirigeant d’un club pourtant 100% diversité refuse la rencontre au prétexte qu’en face, ils sont gays. En voilà un qui s’est fait également prendre la main dans le sac. Qui aurait pensé que les minorités potentiellement discriminables pouvaient se discriminer entre elles ? Nous en avions tous l’intuition mais l’avoir sous les yeux, ça réveille.
Le message envoyé, quoi que poli précisait « Désolé mais conformément aux principes de notre équipe, qui est une équipe de musulmans pratiquants, nous ne pouvons jouer contre vous, nos convictions sont de loin plus importantes qu’un simple match de foot ». Voilà un dirigeant attentif à son équipe et à ses convictions. Mais Monsieur Zahir B, être gay n’est pas une conviction… Auriez-vous cru par hasard que l’homosexualité était contagieuse ? Ne doutons pas que dans certains groupes sociaux, c’est un préjugé que l’on entretien encore.
La chute commune
Alors quelle conclusion apporter à ces deux pathétiques histoires ? La première chose, c’est de constater qu’un ministre sur le plan des préjugés, c’est pas mieux qu’un footballer. La deuxième observation, c’est que dans ces deux bouffonneries, les protagonistes ont été dès le début présentés par la presse comme membres de communautés. Un arabe dans la première histoire, des musulmans et des gays dans la deuxième. Dans le cas du match de foot, ce n’est plus 22 joueurs et que le meilleur gagne, c’est 11 gays contre 11 musulmans. Et ça c’est grave, car ramener les individus à leur conscience de groupe, c’est également les remettre en phase avec les préjugés de ces groupes. Et les échanges ne sont plus alors basés que sur des stéréotypes. Quant à l’argument des joueurs couillus qui disent qu’ils n’étaient pas au courant et qu’ils veulent bien jouer le match, je le range avec celui du ministre qui prétend qu’il parlait des auvergnats. Que ceux qui n’ont pas de préjugés leurs jette la première chaussure (de foot). Maintenant il faut reconnaitre que tous ces gaffeurs s’en sont plutôt bien sortis mais ils ont du sentir le souffle du lynchage médiatique sur leur nuque…Pour ma part, j’attends avec impatience que le Créteil Bébel et le Paris Foot Gay nous donnent enfin ce match, tel qu’il nous l’on promit…
« Le Discriminologue »
Le discriminologue

